A l’école, à la maison, en entreprise, on a pris l’habitude d’enseigner de façon statique.
Or apprendre ne signifie pas forcément rester assis, écouter une explication et essayer ensuite de la mémoriser. Nous apprenons aussi en faisant, en expérimentant, en bougeant, en nous trompant et en recommençant.
C’est tout le principe de l’apprentissage par le mouvement : utiliser le corps et l’action pour permettre à une personne de vivre concrètement ce qu’elle est en train d’apprendre.
Cette approche peut être utilisée dans de nombreux contextes : dans le sport, à l’école, en formation ou encore en entreprise. Elle constitue le fil conducteur de ma pédagogie. J’utilise notamment le pickleball en entreprise pour mettre les participants en situation d’apprentissage. Vous pouvez découvrir mes team buildings ici :
Qu’est-ce qu’apprendre par le mouvement ?
Apprendre par le mouvement consiste à associer un apprentissage à une expérience concrète vécue avec le corps. Au lieu de recevoir uniquement une information, la personne agit, expérimente et découvre progressivement ce qui fonctionne.
Prenons un exemple très simple. Vous pouvez expliquer longuement à quelqu’un comment gérer ses émotions en situation de stress, comment communiquer mieux avec son collègue sous pression, etc. Mais lorsque la personne joue, elle vit concrètement ces situations similaires à celles a au travail.

C’est dans cette succession d’expériences que l’apprentissage prend réellement forme.
Cette logique ne concerne évidemment pas uniquement le sport. Une consigne, un concept ou une compétence peuvent parfois être beaucoup plus facilement compris lorsqu’ils sont associés à une action concrète.
Apprendre en faisant plutôt qu’en restant spectateur
Nous avons longtemps associé l’apprentissage à une logique principalement descendante : une personne sait, explique et transmet ; les autres écoutent, mémorisent puis essaient d’appliquer.
Cette méthode reste évidemment utile dans de nombreuses situations. Mais elle montre rapidement ses limites lorsqu’il s’agit de développer des compétences qui doivent être vécues.
On peut expliquer la coopération. On peut parler de confiance. On peut présenter des techniques de communication. On peut décrire la gestion du stress. Mais entre comprendre intellectuellement un principe et être capable de l’appliquer lorsqu’une situation réelle se présente, il existe parfois une grande différence.
L’apprentissage par le mouvement permet justement de réduire cette distance entre la théorie et l’expérience.
Le droit à l’erreur devient une partie de l’apprentissage
Lorsque nous apprenons en bougeant, l’erreur prend également une autre dimension. Elle n’est plus nécessairement vécue comme un échec, mais comme une information.
Je frappe trop fort ? J’ajuste. Je me place trop tard ? Je recommence différemment. Notre groupe n’arrive pas à réaliser un exercice ? Nous cherchons ensemble une autre solution.

Cette manière d’apprendre est intéressante parce qu’elle permet d’obtenir un retour immédiat sur ce que nous faisons. Nous ne sommes plus seulement dans la réflexion : nous testons directement les conséquences de nos choix.
Progressivement, la personne apprend donc à observer, essayer, corriger et recommencer. Elle devient davantage actrice de son propre apprentissage.
Pourquoi le jeu facilite-t-il l’apprentissage ?
Le mouvement prend une dimension supplémentaire lorsqu’il est associé au jeu.
Le jeu crée naturellement de la curiosité et de l’engagement. Une consigne qui pourrait sembler abstraite devient soudain un défi à réaliser, un problème à résoudre ou un objectif à atteindre ensemble.
La personne ne se demande plus uniquement ce qu’elle doit apprendre. Elle entre dans l’expérience.
Le jeu permet également d’intégrer naturellement la répétition. Dans un exercice classique, répéter vingt fois la même action peut rapidement devenir lassant. Dans un jeu, une même compétence peut être sollicitée de nombreuses fois parce que les situations évoluent constamment.
C’est cette dimension que je développe plus spécifiquement dans mon article consacré à l’apprentissage par le jeu.
Le mouvement permet de rendre visibles certains comportements
C’est probablement l’un de ses intérêts les plus importants lorsque l’on quitte l’apprentissage purement technique.
Imaginez un groupe auquel vous proposez un défi collectif très simple. Pour réussir, les participants doivent s’organiser, communiquer et s’adapter les uns aux autres.
Très rapidement, des comportements apparaissent. Une personne prend spontanément l’initiative. Une autre observe avant d’agir. Certains communiquent beaucoup. D’autres beaucoup moins. Le groupe peut s’organiser immédiatement ou chercher longtemps la bonne manière de fonctionner.
Personne n’a besoin d’expliquer théoriquement ce qu’est la coopération : le groupe est en train de l’expérimenter.
Le mouvement crée ainsi des situations concrètes qui peuvent ensuite servir de support à la réflexion et à l’apprentissage.
Le corps et les émotions participent aussi à l’expérience
Lorsque nous sommes dans l’action, nous ne mobilisons pas uniquement notre réflexion. Nous ressentons également ce qui se passe.
Un défi peut provoquer de l’enthousiasme, de l’hésitation, de la frustration ou de la satisfaction. Une erreur peut nous faire rire ou nous agacer. Une situation nouvelle peut nous pousser à prendre une initiative ou, au contraire, à nous mettre en retrait.
Ces réactions font partie de l’expérience.

Apprendre par le mouvement permet donc aussi d’observer ce qui se passe en nous lorsque nous devons agir, décider ou interagir avec d’autres personnes.
L’objectif n’est pas de provoquer artificiellement des émotions, mais d’utiliser celles qui apparaissent naturellement dans l’action comme autant d’informations permettant de mieux comprendre notre manière de fonctionner.
Le sport comme terrain d’expérimentation
Le sport constitue évidemment un formidable terrain pour mettre cette pédagogie en pratique.
Sur un terrain, les situations changent en permanence. Il faut observer, décider, agir, communiquer, s’adapter et recommencer quelques secondes plus tard.
Mais l’intérêt pédagogique ne réside pas nécessairement dans la performance sportive.
Une activité très simple peut suffire à travailler une compétence si elle place les participants dans une situation qui nécessite de trouver ensemble une solution. C’est même souvent préférable lorsque l’objectif n’est pas d’apprendre un sport, mais d’utiliser le mouvement comme support.
Le sport devient alors un terrain d’expérimentation plutôt qu’une finalité. C’est ça tout le sens de mon approche!
Apprendre par le mouvement ne signifie pas supprimer les explications
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer la théorie et la pratique.
Une bonne explication donnée au bon moment peut permettre de comprendre ce que l’on vient de vivre. À l’inverse, une expérience concrète peut donner du sens à une notion qui semblait abstraite quelques minutes auparavant.
L’intérêt réside précisément dans l’alternance entre les deux.

On donne une consigne suffisamment claire pour permettre aux participants d’agir. Ils expérimentent. On observe ce qui se passe. On échange éventuellement sur l’expérience. Puis on repart dans l’action avec une nouvelle consigne ou un nouvel objectif.
La parole vient ainsi éclairer l’expérience plutôt que la remplacer.
De l’apprentissage individuel à l’intelligence collective
Cette pédagogie devient particulièrement intéressante lorsque les participants doivent réussir ensemble.
Il suffit parfois de modifier une règle pour transformer complètement un exercice. Au lieu de chercher à être meilleur que l’autre, on demande par exemple aux participants de réaliser collectivement un objectif.
La réussite dépend alors de la capacité du groupe à s’organiser. Il faut parfois ralentir pour permettre à un autre de suivre, modifier sa manière de communiquer, accepter une erreur ou changer de stratégie.
Chaque participant influence ce qui arrive au groupe.
C’est exactement ce qui rend ces situations intéressantes dans le cadre professionnel : elles permettent de vivre à petite échelle certains mécanismes que l’on retrouve dans le fonctionnement quotidien d’une équipe.
Pourquoi utiliser le mouvement dans l’entreprise ?
Une entreprise peut évidemment organiser une formation classique sur la communication, la coopération, la confiance ou l’intelligence émotionnelle. Ces apports théoriques ont leur utilité.
Mais certaines compétences prennent une autre dimension lorsqu’elles sont expérimentées.

Demander à une équipe de coopérer pour réussir un exercice permet par exemple d’observer immédiatement comment elle communique. Ajouter une contrainte oblige les participants à s’adapter. Une erreur peut faire apparaître différentes réactions. Une situation inhabituelle peut modifier les rôles que chacun occupe habituellement.
Le débriefing permet ensuite de prendre du recul : qu’avons-nous fait ? Pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Qu’est-ce qui nous a mis en difficulté ? Comment avons-nous réagi ? Retrouvons-nous certains de ces mécanismes dans notre quotidien professionnel ?
Le mouvement devient alors un support pour faire émerger une réflexion qui part du vécu des participants.
Du Pickleball au team building par le mouvement
C’est cette logique que j’intègre aujourd’hui dans mes interventions en entreprise.
Le Pickleball peut évidemment être pratiqué simplement pour le plaisir de découvrir une activité originale et de partager un bon moment entre collègues. Mais selon les objectifs de l’entreprise, le jeu peut également devenir un support pédagogique.
Il est alors possible de construire certaines situations autour de la communication, de la coopération, de la confiance, de la prise de décision ou encore de l’intelligence émotionnelle.
Ce qui compte n’est plus uniquement ce qui se passe avec la balle. C’est ce que les participants vivent ensemble et ce que cette expérience permet ensuite de mettre en évidence.
C’est ce qui distingue une simple animation sportive d’un team buildint par le pickleball construit autour d’objectifs précis.
Une approche adaptable aux objectifs de chaque entreprise
Toutes les entreprises n’ont évidemment pas besoin de transformer leur journée de cohésion en formation.
Certaines souhaitent avant tout remercier leurs collaborateurs, créer des liens et passer un excellent moment ensemble. Dans ce cas, le mouvement et le jeu remplissent déjà parfaitement leur fonction.
D’autres souhaitent profiter de cette journée pour aller plus loin et travailler certaines dimensions du fonctionnement de l’équipe. Les activités peuvent alors être adaptées et complétées par des temps de débriefing.
Il ne s’agit donc pas d’imposer du contenu pédagogique à tous les groupes, mais de partir de ce que l’entreprise recherche réellement.
Le mouvement peut être simplement ludique ou devenir un véritable outil d’apprentissage. Et les deux peuvent parfaitement se combiner au cours d’une même journée.
Apprendre autrement… ensemble
Apprendre par le mouvement ne consiste finalement pas simplement à faire bouger les personnes pour rendre une activité plus dynamique.
Le véritable intérêt est d’utiliser l’action pour créer une expérience à partir de laquelle un apprentissage peut émerger.
Les participants essaient, ressentent, observent, communiquent, se trompent parfois, s’adaptent et recommencent. Ils ne restent pas spectateurs de ce qu’on leur explique : ils en deviennent acteurs.
C’est cette philosophie que j’utilise dans mes team buildings en entreprise : créer une expérience suffisamment accessible et ludique pour que chacun puisse participer, tout en utilisant le mouvement comme un formidable terrain de communication, de coopération et d’apprentissage collectif.
Selon vos objectifs, votre journée peut être orientée vers le plaisir et la convivialité ou intégrer un travail plus approfondi autour de la cohésion et de l’intelligence émotionnelle.