Le jeu est souvent uniquement associé à l’enfance, au divertissement ou simplement au plaisir. Pourtant, il peut également devenir un formidable outil d’apprentissage, y compris dans le monde professionnel.

Lorsqu’une personne joue, elle ne reste pas spectatrice. Elle doit comprendre une situation, prendre des décisions, essayer, s’adapter et parfois recommencer. Lorsqu’elle joue avec d’autres, elle doit également communiquer, coopérer et tenir compte des réactions de ses partenaires.

C’est précisément ce qui rend l’apprentissage par le jeu particulièrement intéressant en entreprise. Au lieu de simplement parler de certaines compétences humaines, il devient possible de créer des situations dans lesquelles les collaborateurs doivent réellement les utiliser.
Cette pédagogie par le jeu constitue le fil conducteur de mon approche pédagogique de pickleball en entreprise. 

Pourquoi le jeu facilite-t-il l’apprentissage ?

L’un des premiers intérêts du jeu est qu’il donne immédiatement une raison d’agir. Il existe un objectif à atteindre, une règle à comprendre, un problème à résoudre ou un défi à relever.

Cette dimension change considérablement la position du participant. Il ne reçoit plus uniquement une information : il doit s’en servir.

Le jeu permet également de créer un environnement dans lequel l’erreur devient plus facilement acceptable. Une stratégie ne fonctionne pas ? On en essaie une autre. Un exercice échoue ? On recommence. Une consigne a été mal comprise ? Le groupe s’adapte.

Cette possibilité d’expérimenter sans rechercher immédiatement la perfection favorise la participation et l’apprentissage.

Jouer pour expérimenter plutôt que simplement écouter

Certaines connaissances peuvent parfaitement être transmises par une explication. Mais lorsqu’il s’agit de compétences comme la communication, la coopération, l’adaptation ou la prise de décision, comprendre intellectuellement ne suffit pas toujours.

Prenons un exemple très simple. Vous pouvez expliquer à une équipe pendant trente minutes l’importance d’une communication claire. Vous pouvez également lui proposer un défi dans lequel plusieurs personnes doivent atteindre ensemble un objectif avec des informations différentes.

Dans le second cas, les participants vont devoir communiquer réellement. Ils vont constater immédiatement ce qui fonctionne, ce qui crée de la confusion et ce qu’ils doivent modifier pour réussir.

Le jeu transforme ainsi une notion abstraite en expérience concrète.

Le jeu crée naturellement de l’engagement

Une formation peut être excellente sur le fond et pourtant rencontrer un problème très simple : les participants restent passifs.

Le jeu change cette dynamique parce qu’il demande une implication immédiate. Il faut observer ce qui se passe, comprendre les règles, interagir avec les autres et prendre des décisions.

Un défi suffisamment simple pour être accessible mais suffisamment stimulant pour donner envie de réussir crée naturellement de l’attention et de l’engagement.

Et cet engagement est particulièrement intéressant en entreprise, où les collaborateurs arrivent parfois en formation après une journée chargée, avec leurs préoccupations professionnelles et de nombreuses sollicitations en tête.

Le jeu permet de sortir des rôles habituels

Dans une entreprise, chacun occupe une fonction et une place bien définies. Manager, collaborateur, responsable de service, nouvel arrivant… ces rôles structurent naturellement les relations.

Le jeu permet temporairement de créer un autre cadre.

Un manager peut avoir besoin de l’aide d’un collaborateur pour réussir un défi. Une personne habituellement discrète peut proposer la solution dont le groupe avait besoin. Un collègue que l’on connaît essentiellement à travers sa fonction professionnelle peut révéler une créativité ou une capacité d’adaptation que l’on n’avait jamais observée.

Ces situations ne suppriment évidemment pas les rôles professionnels. Elles permettent simplement aux collaborateurs de se découvrir autrement et de créer des interactions différentes de celles du quotidien.

Un excellent terrain pour travailler la coopération

Un jeu n’a pas nécessairement besoin d’opposer des gagnants et des perdants.

Dans mes interventions, les situations les plus intéressantes sont souvent celles dans lesquelles la réussite dépend du groupe. L’objectif peut être de réaliser un certain nombre d’échanges, résoudre collectivement un problème, atteindre une cible commune ou réussir un défi avec certaines contraintes.

La question n’est alors plus : « Qui est le meilleur ? », mais : « Comment allons-nous réussir ensemble ? »

Pour y parvenir, les participants doivent s’écouter, ajuster leurs comportements, répartir les rôles et parfois modifier complètement leur première stratégie.

Le jeu devient ainsi un véritable laboratoire de coopération.

Apprendre à s’adapter face à l’imprévu

Dans un jeu, tout ne se déroule pas nécessairement comme prévu. Une règle peut évoluer, une difficulté supplémentaire peut apparaître ou la stratégie choisie peut simplement ne pas fonctionner.

Il faut alors s’adapter.

Cette capacité à modifier rapidement son comportement face à une situation nouvelle est évidemment très présente dans le monde professionnel. Une équipe doit régulièrement faire face à un changement de priorité, une difficulté inattendue ou une information nouvelle.

Le jeu permet d’expérimenter cette adaptation dans un cadre sans enjeu professionnel direct. Les participants peuvent tester, observer le résultat et chercher une nouvelle solution.

Le jeu comme révélateur des dynamiques d’équipe

Lorsque plusieurs personnes doivent résoudre ensemble une situation, les fonctionnements du groupe apparaissent rapidement.

Qui prend l’initiative ? Qui propose des idées ? Qui écoute ? Comment le groupe prend-il une décision ? Que se passe-t-il lorsque la première solution ne fonctionne pas ? Tout le monde trouve-t-il sa place ?

Il ne s’agit pas de juger les participants ou de tirer des conclusions définitives à partir d’un jeu. L’intérêt est plutôt d’utiliser l’expérience comme point de départ d’une réflexion.

Après l’activité, quelques questions simples peuvent suffire : comment nous sommes-nous organisés ? Qu’est-ce qui nous a permis de réussir ? Où avons-nous perdu du temps ? Avons-nous réellement écouté toutes les propositions ?

Le jeu devient alors un miroir temporaire du fonctionnement collectif.

Pourquoi utiliser le sport comme support de jeu en entreprise ?

Il existe évidemment de très nombreuses manières d’apprendre par le jeu en entreprise : jeux de rôle, jeux de construction, énigmes, simulations, jeux de société ou défis collectifs.

J’utilise principalement le sport et notamment le Pickleball comme support parce qu’il ajoute une dimension particulièrement intéressante : le corps entre lui aussi dans l’expérience.

Les participants ne doivent plus uniquement réfléchir à une solution. Ils doivent agir, se déplacer, observer, communiquer et coordonner leurs actions avec celles des autres.

Le choix de l’activité est alors essentiel. Si le sport est trop technique ou trop physique, les différences de niveau risquent de prendre le dessus sur l’expérience collective.
C’est notamment pour cette raison que j’utilise le pickleball en entreprise : sa prise en main rapide permet de passer très vite de l’apprentissage du sport au plaisir de jouer et d’interagir avec les autres.

Du simple jeu au véritable outil pédagogique

Faire jouer une équipe ne suffit évidemment pas à transformer automatiquement une activité en outil d’apprentissage.
Tout dépend de la manière dont le jeu est construit et de l’objectif recherché.

Une même activité peut être utilisée uniquement pour rire et partager un bon moment. Elle peut également être modifiée pour demander davantage de coopération, de communication ou de prise de décision.

Il suffit parfois de changer une règle ou l’objectif d’un exercice pour faire apparaître des comportements complètement différents.

C’est là que l’animation prend toute son importance : le jeu n’est pas une fin en soi. Il devient un support que l’on adapte à ce que l’équipe souhaite vivre ou travailler.

Faut-il toujours débriefer après un jeu ?

Pas nécessairement.
Si l’entreprise souhaite simplement offrir un moment convivial à ses collaborateurs, il n’est pas nécessaire de transformer chaque activité en exercice pédagogique. Le plaisir partagé, les échanges informels et les souvenirs créés ensemble ont déjà une valeur.

En revanche, lorsqu’un objectif plus précis a été défini en amont, le débriefing permet de transformer l’expérience en apprentissage.

Il ne s’agit pas de passer une heure à analyser chaque comportement. Quelques questions bien choisies permettent souvent aux participants de faire eux-mêmes le lien entre ce qu’ils viennent de vivre et certaines situations professionnelles.

Le jeu crée l’expérience. Le débriefing permet d’en extraire les enseignements.

Le plaisir n’est pas l’ennemi de l’apprentissage

C’est probablement l’une des idées les plus importantes de cette approche : une activité peut être sérieuse dans ses objectifs sans être sérieuse dans sa forme.

Rire, jouer et prendre plaisir à participer ne diminuent pas nécessairement la valeur pédagogique d’une expérience. Au contraire, le plaisir peut faciliter l’engagement et donner envie de participer pleinement.

C’est particulièrement important dans un team building. Les collaborateurs ne viennent pas pour suivre une journée de formation supplémentaire déguisée en activité ludique.

L’équilibre consiste donc à préserver le plaisir du jeu tout en créant, lorsque l’entreprise le souhaite, des situations suffisamment pertinentes pour apporter autre chose qu’un simple divertissement.

Apprendre par le jeu dans un team building

C’est précisément cette philosophie que j’intègre dans mes interventions en entreprise.

Le point de départ reste le plaisir de vivre quelque chose ensemble. Les participants découvrent une activité accessible, jouent, rient, échangent et sortent de leur environnement professionnel habituel.

Mais derrière cette simplicité apparente, il est possible d’aller beaucoup plus loin.

Selon les objectifs définis avec l’entreprise, certains jeux peuvent amener les collaborateurs à coopérer, communiquer autrement, s’adapter à une contrainte, prendre une décision ensemble ou gérer les réactions provoquées par une situation nouvelle.

Le team building devient alors à la fois une expérience conviviale et, lorsque cela est souhaité, un terrain d’apprentissage collectif.

Une autre manière de faire grandir une équipe

Apprendre par le jeu ne consiste donc pas à transformer le travail en cour de récréation. Il s’agit d’utiliser ce que le jeu fait particulièrement bien : donner envie d’agir, permettre d’essayer, créer des interactions et confronter un groupe à des situations qu’il doit résoudre.

En entreprise, cette approche permet de sortir temporairement des habitudes et des rôles professionnels pour vivre une expérience commune dans laquelle chacun peut participer.

Et lorsqu’on y associe le mouvement et une activité accessible comme le Pickleball, il devient possible de construire un team building où le plaisir reste central tout en travaillant, si l’entreprise le souhaite, la coopération, la communication et la cohésion.

C’est cette approche que je propose aux entreprises à travers mes team buildings en Province de Liège et en Wallonie.

Pour aller plus loin, vous pouvez également lire:
– apprendre par le mouvement : une pédagogie puissante pour mieux apprendre