Comment le sport peut-il aider les
femmes à prendre confiance en soi ?
Vous aimeriez vous remettre au sport, essayer une nouvelle activité ou simplement bouger davantage… mais quelque chose vous retient ?
Peut-être pensez-vous ne pas être suffisamment sportive? Vous avez peur de manquer de coordination, de ne pas suivre le rythme, d’être moins douée que les autres ou de vous retrouver au milieu de personnes qui savent déjà jouer? Peut-être aussi que cela fait dix ou vingt ans que vous n’avez plus réellement pratiqué une activité physique et que vous ne savez tout simplement pas par où recommencer?
J’entends régulièrement ce type de doutes chez des femmes qui souhaitent découvrir le pickleball ou le padel. Et ce qui me frappe, c’est l’écart qu’il peut parfois y avoir entre l’image qu’elles ont de leurs capacités avant de commencer… et ce qu’elles sont réellement capables de faire quelques minutes plus tard sur le terrain.
Une première balle passe le filet. Puis une deuxième. Un véritable échange commence. Elles comprennent progressivement où se placer, réussissent un geste qu’elles pensaient compliqué et, surtout, commencent à jouer. Et quelque chose change alors dans leur attitude. Elles se détendent, osent davantage et commencent surtout à porter un autre regard sur leurs propres capacités.
Car le sport ne sert pas uniquement à entretenir son corps ou sa condition physique. Pour une femme qui doute d’elle-même, il peut aussi devenir un formidable moyen de découvrir concrètement ce dont elle est capable. Et, petit à petit, de prendre davantage confiance en elle.
« Je ne suis pas sportive » : une croyance très limitante
« Moi, je ne suis pas sportive. »
Certaines femmes prononcent cette phrase comme s’il s’agissait d’une caractéristique définitive de leur personnalité. Il y aurait les femmes sportives, coordonnées, dynamiques, à l’aise avec leur corps… et les autres.
Mais qu’est-ce qu’être sportive exactement ? Est-ce courir plusieurs fois par semaine, aller dans une salle de fitness, avoir pratiqué un sport depuis l’enfance, être mince et musclée, aimer la compétition ou posséder une excellente condition physique ? Aucune de ces caractéristiques n’est nécessaire pour commencer une activité et y prendre plaisir.
Derrière le fameux « je ne suis pas sportive », il y a parfois simplement une femme qui n’a jamais trouvé une activité physique qui lui correspondait vraiment. Elle n’aimait peut-être pas le sport à l’école, déteste courir, s’ennuie dans une salle de fitness, n’a aucune envie de se mesurer aux autres ou ne se reconnaît pas dans une certaine culture de la performance sportive. Mais cela ne signifie absolument pas qu’elle n’aimera jamais bouger.
Une femme qui déteste courir peut adorer danser. Une autre qui n’a jamais aimé le fitness peut attendre avec impatience sa partie de padel. Une femme persuadée qu’elle est « nulle avec une raquette » peut découvrir le pickleball et prendre énormément de plaisir après quelques minutes. La bonne question n’est donc peut-être pas « suis-je sportive ? », mais plutôt « quelle activité pourrait me donner envie de bouger avec plaisir ? »
Quand le manque de confiance empêche même d’essayer
Le manque de confiance en soi peut intervenir avant même d’avoir posé le pied sur un terrain. Imaginez que vous souhaitiez essayer le padel. Vous regardez quelques vidéos et vous voyez des joueuses qui enchaînent les échanges, utilisent les vitres et se déplacent naturellement sur le terrain. Vous consultez le site d’un club et on vous parle de niveaux, de matchs, de réservations ou de partenaires. Et vous, vous ne savez même pas comment tenir correctement une raquette.
Une petite voix peut rapidement apparaître : « Ce n’est probablement pas pour moi. » Pourtant, ce jugement ne repose encore sur aucune expérience réelle. Vous ne savez pas si vous êtes capable de jouer puisque vous n’avez jamais essayé. C’est justement ce que le sport permet de vérifier très concrètement : au lieu de continuer à vous demander mentalement si vous en êtes capable, vous allez pouvoir l’expérimenter avec votre corps.
La confiance se construit aussi en découvrant ce dont son corps est capable
Une femme peut arriver en disant qu’elle n’a aucun réflexe et, quelques minutes plus tard, renvoyer cinq balles consécutives. Elle peut expliquer qu’elle n’est absolument pas coordonnée, puis commencer progressivement à ajuster ses déplacements et sa raquette à la trajectoire de la balle. Elle peut penser qu’elle sera incapable de comprendre le jeu et, après quelques explications, commencer déjà à anticiper certaines situations.
Ces petites expériences semblent banales lorsqu’on les regarde de l’extérieur. Pourtant, elles envoient un message très différent de celui que la personne se répétait jusque-là : « Finalement, je suis capable d’apprendre quelque chose que je ne savais pas faire. » C’est là que le lien avec la confiance en soi devient concret.
Dans mon article consacré plus généralement à la confiance en soi par le sport, j’explique en détail comment l’apprentissage, les petites réussites et l’expérience permettent progressivement de modifier la perception que l’on a de ses capacités. Chez certaines femmes, une dimension supplémentaire apparaît : se réconcilier avec l’idée même qu’elles peuvent être physiquement capables.
Retrouver confiance dans son corps, pas seulement dans sa tête
Lorsqu’on parle de confiance en soi, on pense souvent aux pensées : croire davantage en soi, arrêter de se dévaloriser, oser davantage ou adopter un discours intérieur plus positif. Mais la confiance se vit également dans le corps. Se déplacer, coordonner ses gestes, sentir que l’on devient plus précise, réussir à atteindre une balle que l’on pensait hors de portée ou trouver progressivement ses appuis permettent de ressentir son corps autrement.
Il ne s’agit plus seulement d’un corps que l’on regarde dans un miroir et que l’on trouve trop gros, trop mince, trop vieux, pas suffisamment musclé ou différent de ce que l’on aimerait. Il devient un corps capable d’agir, d’apprendre, de réagir, de se déplacer, de s’adapter et de progresser.
Cette nuance peut être fondamentale pour les femmes qui entretiennent une relation compliquée avec leur image physique. Le sport ne change pas nécessairement immédiatement votre apparence. En revanche, il peut commencer à changer la manière dont vous vivez votre corps et ce que vous pensez qu’il est capable de faire.
La peur du regard des autres peut être un véritable frein
Certaines femmes ne redoutent pas réellement l’activité physique. Elles redoutent davantage le contexte dans lequel elles vont devoir la pratiquer. Elles se demandent si elles vont être ridicules, rater toutes les balles, ralentir les autres, être les moins bonnes du groupe ou simplement si elles ont vraiment leur place sur le terrain.
Lorsqu’on possède déjà une bonne confiance en soi, ces questions peuvent sembler secondaires. Mais lorsqu’on doute de soi ou qu’on reprend une activité après de nombreuses années, elles peuvent suffire à empêcher de commencer. C’est pour cela que l’environnement dans lequel une femme découvre un sport est extrêmement important.
Une débutante ne devrait pas avoir l’impression qu’elle doit prouver qu’elle mérite sa place sur le terrain. Elle est là précisément parce qu’elle ne sait pas encore jouer. Dans mes cours, les erreurs font donc naturellement partie de l’apprentissage. Une balle part dans le filet ou sort complètement du terrain ? Cela arrive. On comprend pourquoi, on recommence et, quelques balles plus tard, elle passe peut-être exactement où on le souhaitait. La confiance apparaît aussi lorsque l’on comprend qu’on peut rater quelque chose sans être jugée pour autant.
Commencer avec une amie peut tout changer
Pour une femme qui hésite beaucoup, venir seule dans un nouvel environnement sportif peut représenter une difficulté supplémentaire. Il faut découvrir le sport, le lieu, le coach et les autres personnes, tout en gérant sa propre appréhension. Venir avec une amie peut complètement transformer cette première expérience.
Vous êtes deux à ne pas connaître les règles, à rater des balles, à rire de certaines situations et, surtout, vous avez déjà une personne familière avec laquelle partager cette découverte. C’est notamment une formule que j’utilise au padel : deux amies peuvent venir ensemble, jouer l’une avec l’autre pendant que je les guide directement à partir des situations qu’elles rencontrent. Elles apprennent ainsi dans une situation de jeu réelle et peuvent ensuite continuer à pratiquer ensemble.
Mais il est également possible de commencer seule. Une initiation ou un cours adapté aux véritables débutantes peut justement constituer la porte d’entrée qui permettra ensuite de rencontrer d’autres joueuses. Le plus important est de ne pas attendre d’avoir déjà des partenaires, du matériel, un niveau ou de la confiance pour commencer. Tout cela peut venir après.
Vous n’avez pas besoin d’être en forme avant de vous remettre au sport
Certaines femmes pensent : « Je vais d’abord perdre quelques kilos et reprendre un peu de condition physique. Ensuite, je commencerai peut-être un sport. » Mais pourquoi faudrait-il nécessairement procéder dans cet ordre ?
Sous réserve évidemment de ne pas présenter de contre-indication particulière à la pratique, une activité adaptée à votre niveau peut précisément devenir la manière de recommencer progressivement à bouger. Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà le corps d’une sportive pour avoir le droit de faire du sport. Vous n’avez pas non plus besoin d’attendre d’être suffisamment mince, suffisamment endurante ou suffisamment à l’aise avec votre apparence.
Cela peut constituer un changement important dans la relation que vous entretenez avec vous-même : cesser d’attendre d’être différente pour vous autoriser certaines expériences. Vous pouvez commencer avec le corps et les capacités qui sont les vôtres aujourd’hui.
Après 40 ou 50 ans, commencer quelque chose de nouveau peut être particulièrement valorisant
À 20 ans, commencer une nouvelle activité semble presque banal. À 40, 50 ans ou davantage, certaines femmes pensent qu’il est un peu tard pour apprendre un nouveau sport. Pourtant, c’est parfois précisément à cette période de la vie qu’une nouvelle activité peut prendre tout son sens.
Les enfants ont peut-être grandi, les priorités évoluent et on ressent parfois davantage le besoin de prendre du temps pour soi, de retrouver une activité personnelle, de rencontrer de nouvelles personnes ou simplement de remettre davantage de mouvement dans son quotidien. Il peut alors être extrêmement agréable de constater que l’on est encore parfaitement capable d’apprendre quelque chose de complètement nouveau.
Vous ne savez pas jouer aujourd’hui et, quelques semaines plus tard, vous réalisez des choses dont vous vous croyiez incapable. Cette expérience dépasse largement la simple maîtrise d’un coup droit ou d’une volée. Elle rappelle quelque chose que l’on peut parfois oublier avec les années : on peut encore apprendre, évoluer, découvrir et se surprendre soi-même.
Toutes les femmes ne recherchent pas la compétition
Prendre confiance en soi grâce au sport ne signifie absolument pas devenir compétitrice. Certaines femmes adorent la compétition et c’est très bien, mais d’autres n’ont aucune envie de faire des tournois, d’avoir un classement ou de se comparer en permanence. Elles veulent simplement mieux jouer pour prendre davantage de plaisir.
Progresser peut alors signifier réussir des échanges plus longs, comprendre progressivement le placement, être plus à l’aise avec sa raquette, utiliser une vitre au padel pour la première fois ou parvenir à construire un point avec son partenaire. La progression devient une source de satisfaction personnelle, et non une course contre les autres. C’est cette philosophie que je privilégie dans mes cours : apprendre sérieusement sans transformer le sport en obligation de performance.
Le plaisir est le meilleur moteur pour retrouver l’envie de bouger
Certaines femmes ont essayé plusieurs fois de « se remettre au sport ». Elles ont pris un abonnement dans une salle, commencé à courir ou suivi un programme pendant quelques semaines, puis elles ont arrêté. Elles en concluent parfois qu’elles manquent de volonté, alors que le problème vient peut-être simplement du fait que l’activité ne leur procurait pas suffisamment de plaisir.
Lorsqu’il faut se forcer chaque semaine à pratiquer une activité que l’on n’aime pas vraiment, énormément de discipline est nécessaire pour continuer. À l’inverse, lorsque vous savez que vous allez retrouver une amie, jouer, rire, essayer de nouvelles choses et passer un bon moment, la motivation fonctionne très différemment. Vous ne vous dites plus qu’il faut faire du sport : vous avez envie d’aller jouer.
Pendant ce temps, presque sans y penser, vous marchez, courez, changez de direction, mobilisez votre corps et développez votre coordination et votre condition physique. C’est l’une des raisons pour lesquelles les sports de raquette peuvent être intéressants pour des femmes qui n’ont jamais réussi à aimer l’activité physique lorsqu’elle était vécue comme un entraînement.
Pourquoi le pickleball peut aider certaines femmes à oser se lancer
Le pickleball possède une caractéristique particulièrement intéressante pour une véritable débutante : on peut entrer assez rapidement dans le jeu. Le terrain est relativement petit, les premières règles s’apprennent facilement et il est possible de réussir assez vite de véritables échanges.
Cela ne signifie évidemment pas que le pickleball ne possède pas une grande richesse technique et tactique. Mais il n’est pas nécessaire de maîtriser cette richesse avant de commencer à s’amuser. Et psychologiquement, cela change énormément de choses : lorsqu’une femme arrive persuadée qu’elle sera incapable de jouer et qu’elle réalise quelques minutes plus tard son premier véritable échange, elle dispose immédiatement d’une expérience concrète qui vient contredire son jugement initial.
J’ai d’ailleurs consacré un article spécifique aux raisons pour lesquelles le pickleball plaît autant aux femmes.
Le padel offre une autre manière de prendre confiance par le jeu
Le padel possède une dynamique différente mais peut lui aussi convenir particulièrement bien à des femmes qui souhaitent pratiquer une activité physique sans entrer immédiatement dans une logique compétitive. Il se joue principalement à quatre : on communique, on se déplace avec son partenaire, on apprend à construire les échanges et la dimension sociale fait véritablement partie du jeu.
Pour une débutante, cette dimension collective peut être très agréable parce qu’on n’est pas seule face à sa performance. Petit à petit, on découvre les trajectoires, le placement, les rebonds sur les vitres et toutes ces situations qui semblaient incompréhensibles lors des premières minutes deviennent plus familières.
Cette progression procure énormément de satisfaction et explique notamment pourquoi le padel séduit de plus en plus de femmes.
Prendre confiance en soi, c’est aussi s’autoriser quelque chose pour soi
Pour certaines femmes, trouver du temps pour elles-mêmes n’est pas évident. Le travail, la famille, les enfants, le couple, les tâches quotidiennes et les responsabilités occupent une grande partie de la semaine, et une activité personnelle passe facilement après tout le reste.
Décider de consacrer régulièrement une heure à une activité que l’on aime peut alors représenter bien davantage qu’une séance de sport. C’est aussi se dire que ce moment pour soi a de la valeur. Pendant une partie, vous n’êtes plus en train de répondre à un mail, de régler un problème ou d’organiser quelque chose pour quelqu’un : votre attention est sur la balle, votre partenaire et ce qui se passe sur le terrain. Vous vous accordez simplement le droit de jouer et de passer un bon moment.
Le sport ne transforme pas une femme en quelqu’un d’autre
Prendre confiance en soi grâce au sport ne signifie pas devenir une femme ultra-sportive, compétitive, extravertie ou sûre d’elle en toutes circonstances. Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre, mais de multiplier les expériences qui vous permettent progressivement de constater que vous pouvez apprendre, que votre corps est capable de choses que vous ne soupçonniez pas, que vous pouvez être débutante sans avoir honte, rater sans vous dévaloriser, recommencer et trouver votre place dans une activité nouvelle.
Et surtout, vous pouvez découvrir que vous prenez énormément de plaisir à faire quelque chose dont vous vous croyiez incapable.
C’est ainsi que le sport peut contribuer à la confiance : non pas en vous expliquant que vous devriez croire davantage en vous, mais en vous faisant vivre des expériences qui vous donnent progressivement de bonnes raisons de le faire.
Et si vous commenciez par essayer ?
Si vous êtes une femme qui aimerait bouger davantage mais qui ne se considère pas comme sportive, qui manque de confiance dans ses capacités physiques ou qui n’a aucune envie d’entrer dans un univers centré sur la compétition, vous n’avez pas besoin d’attendre de changer pour commencer. Vous pouvez venir en n’ayant jamais tenu une raquette, ne connaître aucune règle, avoir 40, 50 ans ou davantage, venir avec une amie ou vous lancer seule.
Lors de mes cours de pickleball et de mes cours de padel, je privilégie une approche progressive, ludique et accessible.
Mon objectif n’est pas de vous transformer en joueuse de compétition, mais de vous permettre d’apprendre, de jouer, de progresser à votre rythme et de découvrir ce dont vous êtes capable.
Parce qu’entre « je ne suis pas sportive » et « finalement, j’adore jouer », il suffit parfois d’entrer une première fois sur le terrain.
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